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Ateliers Perrault Artisans depuis 9 générations
Depuis 1760, l’entreprise familiale Ateliers Perrault, implantée dans le Maine-et-Loire, œuvre à la réhabilitation du patrimoine bâti en charpente,menuiserie et ferronnerie. Restauration des beffrois, petites charpentes en terrasson et planchers… D’ici à la fin du chantier de restauration, en 2020, les 2 à 3 charpentiers mandatés par la société assureront de multiples manœuvres afin de contribuer à rendre sa superbe à la cathédrale Paul Aurélien.

Décrivez-nous les Ateliers Perrault…
Jean-Louis Bidet : « Nous travaillons essentiellement sur la réhabilitation du patrimoine bâti, des petits édifices comme les lavoirs, les calvaires… aux édifices plus importants dans le grand Ouest. Nous sommes charpentiers, menuisiers et ferronniers. Trois métiers complémentaires qui ont amené le groupe à évoluer au fil des décennies. »

Quelles sont les particularités de la restauration d’édifices patrimoniaux ?
J.-L. B. « Les spécificités se retrouvent à plusieurs titres. Le matériau utilisé est le chêne, en grand Ouest tout du moins, aussi il faut savoir le reconnaître et le travailler comme c’est un bois assez dur. Il faut les bases du métier de charpentier ; comment se conçoit une charpente, un plancher, une maison à pans de bois… Mais également avoir des connaissances sur l’évolution des charpentes à travers les différentes époques de construction et aimer l’histoire, religieuse ou civile, par rapport aux lieux dans lesquels nous travaillons. »

Comment devenir charpentier dans ce domaine ?
J.-L. B. « Au départ, une formation classique est nécessaire. Elle est dispensée et délivrée par les centres de formation d’apprentis, les Compagnons du Devoir… en formation initiale ou en alternance avec deux semaines par mois en entreprise. Ce sont les formations de base. Ensuite, en interne aux Ateliers Perrault, on octroie du temps pour les formations spécifiques à nos ouvrages, durant lesquelles jeunes et tuteurs s’investissent. Ensuite, les choses s’apprennent au fur et à mesure au cours du cursus en entreprise. »

Quels conseils donneriez-vous à un jeune souhaitant se lancer dans cette voie ?
J.-L. B. « Il y a des éléments essentiels comme aimer le bois, apprécier construire et être à l’aise de ses mains. Ensuite, aimer le travail en équipe et savoir travailler quelles que soient les intempéries… Il est aussi préférable d’avoir une bonne vision en 3D, car en étudiant un plan à plat sur papier, il faut l’imaginer en réel. Enfin, c’est un métier qui permet d’avoir des progressions : on commence en CAP, après on peut devenir chef d’équipe, responsable de chantier, intervenir sur la conduite de chantier ou s’installer comme artisan. C’est un métier d’initiatives qui offre de nombreuses possibilités. »

Saint-Paul-de-Leon

Vis-à-vis de votre intervention sur la cathédrale, le chantier a-t-il des caractéristiques ?
J.-L. B. « Elle est particulière, tout simplement parce que les flèches en elles-mêmes sont les toits des deux tours. Nous installons les charpentes à la base, comme un terrasson, une petite toiture plate pour protéger le beffroi des eaux qui entrent par les ouvertures. Cela permet de les récupérer en partie basse afin de les évacuer. On ne voit pas ces charpentes de l’extérieur. En chêne, elles sont là pour protéger le beffroi et les cloches des éléments extérieurs. »

Quelques mots sur le bourdon de la cathédrale ainsi que les beffrois ?
J.-L. B. « Le beffroi de la tour nord a été refait à neuf dans sa totalité car il n’était plus adapté, ni en état. Il est en chêne, dessiné et calculé pour reprendre les efforts de balancement des cloches. Le beffroi doit reprendre ces efforts pour ne pas les diffuser dans les effets maçonnés. Il permet de trouver un bon équilibre dans les forces pour éviter toute altération de la solidité de la structure. Sa préparation en atelier a duré trois semaines avant sa mise en place, en septembre. Dans la tour sud, le beffroi va être restauré pour avoir la même efficacité. Comme ce sera de la restauration, cela se fera sur place. Ensuite, les cloches pourront être réinstallées. »

Bon à savoir
La tranche ferme du chantier de la cathédrale s’est achevée à la fin juin. La tranche conditionnelle 1 est à présent lancée, elle permettra la restauration des extérieurs afin de garantir la confortation structurelle de la tour Nord.

Source : Journal Municipal n°87 de Saint-Pol-de-Léon – Septembre 2017